« 50 ans de cinéma américain » Guy Ros analyse le renouveau d’Hollywood


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                                                                                  Steven Spielberg 

Le livre de Guy Ros « 50 ans de cinéma américain » est une analyse critique de 50 ans d’histoires qui ont vu Hollywood renaître de ses cendres. Après le « Guide du cinéma américain » en 2001 Guy Ros continue l’exploration de ce cinéma qui fascine et inquiète par sa puissance financière. 

Pour lire le 1er chapitre du livre et commander le livre exclusivement sur ce lien

http://www.bibliocratie.com/produit/50-ans-de-cinema-americain-du-laureat-avatar/

Voici la préface écrite à cet ouvrage par Henri Agel en 1986.

 

Préface du Livre par Henri Agel (1986)

Est-il une seule génération de critiques depuis que la production américaine s’est affirmée avec Griffith, Thomas Ince, Mack Sennet, Charlie Chaplin, Cecile B. de Mille, qui n’ait été saisie d’admiration et de sympathie fraternelle pour la mythologie plastique et dramatique offerte par Hollywood ?

Les plus récentes études sur le cinéma d’outre-Atlantique se sont intéressées soit à  l’ensemble de l’histoire hollywoodienne, soit à la période des années 50 ou à celle des années 30. Par ailleurs des livres extrêmement substantiels ont été consacrés  à Douglas Sirk, Robert Altman, John Boorman. Quant au Western, il ne cesse de provoquer l’intérêt des spécialistes. Manquait  à cette constellation, une exploration du cinéma américain de ces vingt dernières années du point de vue des genres comme du point de vue des créateurs, en dégageant les fluctuations de l’éthique sous-jacente aux diverses périodes que comprend ce moment historique d’une Il est réconfortant et significatif du goût du secteur le plus motivé‚ de la jeunesse, que ce soit un diplômé‚ de la Faculté‚ de Droit de Montpellier qui nous livre aujourd’hui cette étude. Guy Ros, après avoir très brillamment soutenu une thèse consacrée à la double fonction sociologique et mythologique du septième Art, a extrait de son travail et remanié‚ avec soin ce qui concerne le cinéma américain de 1963  à 1999, en insistant sur la crise profonde que dut subir ce cinéma en raison des circonstances et de l’hypertrophie de     l’auto-contestation, jusqu’à  ce que réapparussent les forces vives des années glorieuses : inspiration épique, redécouverte des valeurs spirituelles, confiance en l’avenir, reconquête d’un espace à la fois mythique et moral.

On le voit, l’auteur s’engage non sans intrépidité‚ et ne craint pas d’aller à contre-courant de toute une ligne d’exégètes qui se sont félicités du mouvement d’auto-critique qui s’empara des cinéastes autour de 1965. Pour lui, l’école dite du « réalisme critique » entraînera le cinéma américain dans une voie contestataire et militante qui semble incompatible avec la nature épique et mythologique de Hollywood. En fait, il apparaît bien aujourd’hui qu’il y ait deux orientations divergentes dans l’ensemble de la presse et de l’édition à l’égard d’une production qui semble bien avoir mêlé depuis toujours (et la le point de vue de notre historien doit être nuancé) la célébration et la contestation. Ce qui est sûr, c’est que selon une approche catégoriquement politique, nombre de critiques s’attachent essentiellement aux oeuvres contestatrices et traitent avec une sorte de condescendance assez ironique les films qui depuis quelques années, célèbrent les valeurs patriarcales ou exaltent l’énergie féminine, se substituant à une carence virile. Guy Ros prend un point de vue absolument opposé et je suis heureux de dire mon accord total avec lui, car je retrouve dans ce renouveau de la sève primitive, la joie que m’ont données les oeuvres illustres de Griffith, de Ford, de Vidor, de Walsh, de Curtiz, d’AnthonyMann, et de bien d’autres.

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                                                                                                                                                       Excalibur 1981 John Boorman

Notre auteur a raison de rattacher quelques films scintillants de ces dernières années  à ces deux courants majeurs de Hollywood que sont le mélodrame et la comédie musicale. Les émissions nocturnes de la télévision nous ont permis de revoir (avec une délectation accrue) ces joyaux de 1950 à 1965 qui ont illustré de façon magnifique ces deux genres. Tout comme l’épopée et le film d’aventure, ces archétypes ont fait la gloire de la production américaine en ce qu’elle a de meilleur, et il est juste de dire comme Guy Ros, que renouent avec les Maîtres de ce passé‚ toujours vivant, des metteurs en scène tels que Scorsese, Kubrick, Georges Roy Hill, Cimino, Boorman.

Il est un domaine dans lequel la divergence est forte entre la majorité‚ des journalistes et le grand public (surtout celui des enfants et des adolescents), c’est le domaine de la Science- fiction. C’est du côté‚ des seconds que se range (et nous l’en félicitons) l’admirateur de Georges Lucas et de Steven Spielberg que nous découvrons ici. Pour être moi-même laudateur d’un cinéma mythique qui vérifierait la véracité‚ des analyses menées par un Mircéa Eliade et tous les grands mythologues contemporains, je ne peux que souscrire à la chaleur dessentiments exprimés dans cet ouvrage à l’égard des fabricateurs inspirés et savants d’épopées galactiques et d’anticipations vertigineuses. Si le cinéma est avant tout le royaume de l’imaginaire, au sens qu’Edgar Morin donnait à ce terme, c’est une singulière hérésie que de dédaigner ces sagas rutilantes et oniriques au bénéfice de la psychologie, du huis-clos, du pseudo-constat sociologique, des conflits passionnels qui relêvent davantage du théâtre (et du plus caduc) que de l’Art des images mouvantes.

Qu’il y ait du parti-pris et, osons le dire, de l’injustice dans le regard que porte Guy Ros sur le cinéma de contestation qui s’est développé de façon souvent ample et clairvoyante pendant une décennie, c’est indéniable. Mais comment ne pas préférer une virulence qui est l’envers de la ferveur à la plate objectivité des spécialistes de l’inventaire ? L’Amour du cinéma qui jaillit à chacune des pages de ce livre fait ‚écho au lyrisme qui vivifiait les chroniques de Jean-Georges Auriol et qu’on retrouverait chez un Claude Beylie, un Michel Mesnil, aussi bien que chez un Dominique Noguès. Et s’il est dans l’univers cinématographique une production qui doit être abordée avec une vibration profonde de l’intelligence et du coeur, c’est bien celle qui s’échelonne de « Naissance d’une Nation » au « Voyage au bout de l’Enfer » en passant par « Halleluïah ».

Henri Agel.

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http://about.me/guyros

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