« 40 ans de cinéma américain » Spielberg et Lucas font revivre un Hollywood moribond.

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                                                                                           Scorsese, Spielberg, Copola, Lucas.

« 50 ans de cinéma américain ». Guy Ros entame avec cet ouvrage le 3e tome d’une trilogie qu’il a consacré au cinéma américain qui a débuté en 1986 avec « La Fonction du cinéma occidentale », et « le Guide du cinéma américain » en 2001. Cet ouvrage historique analyse comment Hollywood victime de l’influence de la télévision et de ses erreurs stratégique va se retrouver dans une situation catastrophique qui va voir ses principaux studios démantelés.

A la fin des années 70, une nouvelle génération de cinéastes amoureux d’épopées (Scorsese, Lucas, Spielberg, Copolla) va renouer avec les racines mythologiques de ce cinéma pionnier et régénérer une production poussive. Cette génération va ouvrir la voix aux auteurs qui aujourd’hui dynamitent la création Hollywoodienne comme Tarentino ou Robert Rodriguez. Ce livre analyse sans prendre partie et conte l’histoire d’une renaissance.

Voici un extrait du livre. 

LE RETOUR DE L’EPOPEE

A l’aube des années 80 se dessine une tendance très nette qui semble acheminer le cinéma américain vers ses sources primitives d’inspiration artistique. Dans bon nombre d’oeuvres américaines, nous retrouvons une « Griffe », une personnalité dont l’influence imprègne, investit l’écran. Certains cinéastes vont redevenir maîtres de l’espace cinématographique, se l’approprier. Ce phénomène aux ramifications multiples demeure parallèle à un assainissement financier des grandes compagnies de production. Leur restructuration, qui paraît achevée au milieu des années 1970, a donné lieu à l’apparition de multiples producteurs indépendants qui, tels Coppola ou Spielberg, ont créé leur propre maison de production afin de produire leurs oeuvres et celles de leurs disciples.

On assiste également à cette époque au retour des cinéastes vers les studios. L’explosion de la science-fiction et de l’heroic fantasy (mélange subtil de chevalerie, de fantastique et de body building) va exiger des moyens considérables et des décors somptueux qui ne peuvent être reconstitués qu’en studio. Par exemple, « Le temple d’Indiana Jones », « Le palais de Conan le Barbare », la forêt de « La compagnie des Loups ».

Cette évolution du cinéma revêtira trois aspects principaux à partir de 1978 : le premier est le retour vers un certain classicisme dans lequel s’illustrent une nouvelle race de créateurs très imprégnés par les nouvelles techniques de création en matière audiovisuelle : publicités, vidéo, clip, images de synthèse. Le deuxième aspect réside dans un regain d’optimisme qui implique un renouveau de l’héroïsme. Les années 90 verront l’apparition de nouveaux héros, quelquefois issus de la bande dessinée, qui insufflent un sang nouveau au cinéma d’aventure qui agonisait lentement depuis 1960 : Conan, Indiana Jones, Rambo, le roi Arthur, Batman  ou Flash Gordon. Enfin, la troisième conséquence de cette évolution semble être le retour sur nos écrans de l’épopée (médiévale, cosmique, exotique, fantastique).

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LA NARRATION RETROUVEE

Les cinéastes contemporains vont redécouvrir les vertus d’une narration rigoureuse et fluide. Ils possèdent à nouveau comme exigence principale de « raconter des histoires ». Un nouveau classicisme réapparaît sur les écrans. Jean-Loup Bourget remarque que ce classicisme « se traduit par l’ampleur du dessein, la beauté de la photographie, l’appréciation de l’espace et du geste, toutes les qualités du cinéma hollywoodien classique qui étaient devenues suspectes et qu’il fallait démystifier lors des années contestataires ».

Ce classicisme qui n’est nullement teinté d’académisme, se remarque dans la rigueur scénaristique des oeuvres de Coppola, Scorsese, Spielberg, Cimino, Hill, Boorman, Peter Jackson, Cameron ou Kubrick. Ces nouveaux auteurs du cinéma américain partent à  l’orée des années 1980 en quête d’une nouvelle esthétique cinématographique, axée sur une apparition plus riche, plus complète de l’espace et sur des montages plus nerveux qui rythment mieux l’action. (Ce montage nerveux et rapide se remarque particulièrement chez John Carpenter : cinéaste surdoué dont les films fantastique sont tous des modèles de virtuosité technique dans leur mise en scène. « La nuit des masques » est une véritable leçon de mise en scène, Carpenter fait preuve d’un sens du montage et de la progression dramatique étonnant. Ces nouveaux cinéastes américains possèdent en commun le goût du spectacle, considéré comme une sorte d’attraction foraine, de train électrique qu’on manipule pour le plaisir et l’émerveillement du public.

Ces nouveaux auteurs ne sont absolument pas nombrilistes, ils créent des oeuvres d’une grande beauté, possèdent comme exigence de narrer de manière très fluide. Leurs oeuvres possèdent du rythme et une exigence de rigueur scénaristique qui les anime et les rend d’autant plus crédibles. Ce classicisme demeure malgré tout très influencé par les nouvelles techniques de création en matière audiovisuelle. Les films de Spielberg possèdent la rapidité de certaines bandes dessinées (la poursuite en wagonnet du film « Indiana Jones et le Temple Maudit » demeure un époustouflant numéro de mise en scène). Les films de James Cameron, comme  » Abyss  » ou  » Aliens  » allient avec bonheur les techniques les plus sophistiquées avec une rigueur scénaristique sans faille. Des films comme  » Terminator 2  » truffés d’effets spéciaux sont impeccablement écrits et narrés. Enfin à partir des années 2000 Peter Jackson ou Ridley Scott nous offrent avec « Gladiator » ou « Lord of the rings » des œuvres somptueuses qui redécouvrent une écriture soignée, une narration que ne renieraient ni Mankiewiez, ni John Ford.

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La recherche de la couleur, des univers chatoyants va devenir une des préoccupations constante des metteurs en scène modernes et l’esthétique quelquefois criarde des vidéos clips et des films de publicité, fera émergence dans la création cinématographique. Les films de Ridley Scott comme « Blade Runner » (1982) ou « Legend » (1985) fascinent par leurs couleurs chamarrées et harmonieuses qui tissent un univers onirique réellement envoûtant. « Les rues de feu » de Walter Hill (1984) se présente comme une oeuvre mutante dans laquelle nous sentons l’influence du western et du film urbain, du fait de sa rapidité et de sa violence, mais également de la publicité, de par la nervosité de son montage et la prédominance des couleurs vives de sa photographie. Ce film champagne a été un échec cuisant.

Malgré ces influences modernes, les créateurs américains marquent leur volonté de narrer, d’émouvoir, de faire appel  à la sensibilité de leur public, leurs discours redeviennent volontiers moralisateurs et font de plus en plus appel à des notions métaphysiques. (La force qui guide les chevaliers Jedi dans « La guerre des Etoiles » fait référence à une puissance cosmique divine, Conan le Barbare, s’il possède un idéal essentiellement basé sur le culte de la force physique et du muscle demeure le bras vengeur de Crom, Dieu Nordique du fer et de la montagne). L’idéalisme et un certain spiritualisme semblent à nouveau imprégner le cinéma américain qui, tout au long des années 1960 et 1970, avait entrepris de démystifier et de remettre en cause les valeurs morales et sociales de sa société puritaine.

Jean-Loup Bourget, dans son bel ouvrage sur le cinéma américain, distingue deux familles de créateurs contemporains. L’une composée de Coppola, Scorsese et Cimino (tous trois d’origine Italienne) qui tente « d’explorer ses racines ethniques » et traite de problèmes sociologiques ou politiques sur un ton romanesque (« Raging Bull », « Voyage au bout de l’enfer », « Outsiders »).

Guy Ros

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Pour découvrir le livre
https://guyros48.wordpress.com/

https://www.facebook.com/ros.guy.7?ref=tn_tnmn

http://about.me/guyros

https://www.linkedin.com/pub/guy-ros/57/113/a70

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